Lu dans "Vélocité " - mars 2007

A Dijon, le "clou rouillé" n’est plus qu’un mauvais souvenir ! Mais EVAD reste exigeante et vigilente !

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En 2000, Dijon s’était vue décerné de façon tout à fait méritée le prix du clou rouillé pour son absence quasi totale de prise en compte du vélo dans les aménagements urbains.

L’association EVAD en maintenant depuis 1994 une pression continue et énergique sur l’ancienne municipalité avait non seulement réussi à limiter les dégâts mais a surtout permis à la nouvelle majorité de prendre conscience de l’urgence de la demande en la matière !

Une des toutes premières mesures de cette nouvelle majorité a été la réalisation en 2003 de couloirs de bus et leur ouverture aux cyclistes : d’un bon sens évident, ces aménagements ont pourtant cristallisé - et cela persiste encore ! - toute la hargne de ceux qui refusent de changer quoi que ce soit à la sacro-sainte liberté de circuler en voiture en ville quel qu’en soit le coût pour la collectivité. Cela était de bonne augure pour la suite.

Il a fallu quand même attendre 2004 pour que la communauté d’agglomération du Grand-Dijon prenne en main la question du vélo dans l’agglomération et adopte son schéma directeur en faveur des cyclistes. Au printemps 2006, on put en voir enfin les premières concrétisations : arrivée d’un « Monsieur Vélo » très expérimenté, 29 contresens cyclables dans l’hyper-centre ville dijonnais, des bandes cyclables sur certains grands axes et certaines grandes places (auparavant accessibles uniquement aux cyclistes urbains professionnels !). Ces mesures, relativement peu coûteuses, manifestaient cependant un réel changement de point de vue sur la place du vélo en ville. Parallèlement d’importants, donc coûteux, chantiers d’itinéraires cyclables en site propre structurants au niveau de l’agglomération étaient lancés, certains sont terminés d’autres en cours d’achèvement ou à l’étude.

Bien sûr comme le prévoit le schéma directeur cyclable, les aménagements de voiries ne sont qu’une partie des mesures nécessaires au développement de l’usage du vélo en ville : un système de location de vélo de courte durée est à l’étude, des arceaux poussent ou vont pousser un peu partout, un parking sécurisé est annoncé en gare, le vélo prend sa place - parfois insuffisante- dans des plans de déplacements d’administrations, une fête du vélo 2007 de grande ampleur est à l’étude ...

Tout cela créé un climat propice à l’épanouissement des initiatives autour du vélo : l’association « Vélocampus-Dijon » a commencé à prêter des vélos aux étudiants, une association d’autoréparation « La bécane à Jules » vient de naître et n’attend plus qu’un local soit mis à sa disposition pour démarrer effectivement, une école de centre ville est prête à expérimenter un « vélo-bus »...
Et puis, cerise sur le gâteau, la concertation entre les usagers, représentés notamment par EVAD, et les aménageurs (municipalité, communauté d’agglomération) s’est très nettement améliorée.

L’association EVAD serait-elle maintenant devenue inutile ? Certes non ! Le travail est loin d’être achevé, une part modale du vélo à 20% n’est pas pour demain, ni même après demain !

EVAD s’efforcera toujours d’être un partenaire incontournable et exigeant ! Exigeant bien sûr sur les aménagements à réaliser, nous allons par exemple suivre de près l’extension et - espérons le - la rénovation de la zone 30 en centre ville (actuellement d’une vraie zone 30 elle n’en possèdent que le nom !). Exigeant aussi nous le serons sur la qualité de la concertation avec les collectivités locales.

EVAD

P.-S.

- article paru en mars 2007 dans le n°89 de Vélocité la revue de la FUBicy

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