Ensemble à Vélo dans l'Agglomération Dijonnaise
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L’ASSOCIATION DES CYCLISTES URBAINS DU GRAND DIJON - Membre de la FUB
Fédération française des Usagers de la Bicyclette

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Un « twitto » s’inquiète et nous interpelle ....

Les cyclistes, de « vrais dangers » dans les aires piétonnes ?

samedi 19 novembre 2016

Joli tour de force pour ce « twitto » : soulever, en un seul tweet, trois questions, tout à fait légitimes, à propos de la cohabitation entre piétons et cyclistes dans les aires piétonnes !

EVAD répond mais... en plus de 140 caractères !

«vrais dangers» ?

- Les cyclistes représentent-ils un vrai danger pour les piétons ?
Il est indéniable que, dans les aires piétonnes très fréquentées, certains cyclistes peuvent occasionner une gêne importante aux piétons, particulièrement aux personnes âgées. Pour une personne « fragile », mais pas seulement, se faire surprendre par un cycliste, arrivé très vite par derrière, engendre un réel sentiment d’insécurité (« J’ai failli me faire renverser ! »).

Donc en ce qui concerne le partage de l’espace urbain,

  • OUI, les cyclistes peuvent causer une vraie gêne et un sentiment d’insécurité pour les piétons, et c’est un problème à prendre très au sérieux !

Mais qu’en est-il de la réalité de cette insécurité  ?
Bien sûr qu’il y a des « frottements », des accidents entre piétons et cyclistes [1] mais sachons, objectivement et loin des conversations de « café du commerce », prendre la juste mesure des choses et écouter les avis experts.

Dans les aires piétonnes [2],

«  L’enjeu sécurité est très faible, tout au plus peut-on constater un sentiment d’inconfort ou d’insécurité pour les usagers cohabitant sur le même espace.  » Fiche n°26 Cerema (anciennement Certu)

Donc en ce qui concerne les enjeux de sécurité routière,

  • NON, les cyclistes ne sont pas un « vrai » danger pour les piétons !
  • OUI, le vrai danger pour les piétons, ce sont les conducteurs de véhicules motorisés [1] !

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«n'importe quoi» ?

- Les cyclistes font-ils vraiment n’importe quoi ?
Malheureusement oui, mais ajoutons — et c’est tout aussi malheureux ! —, comme tous les autres usagers de la rue ou de la route (voir ce récent article dans la presse locale ou les résultats de cette enquête TNS Sofres pour AXA Prévention) !

Alors pourquoi cette actuelle « fixation » sur le comportement des cyclistes ?
Esquissons quelques pistes d’explication :

  • Jusqu’à une période relativement récente, on ne voyait que peu de mauvais comportements de cyclistes car... il n’y avait pratiquement plus de cyclistes dans les rues ! Par contre, depuis une bonne dizaine d’années, le vélo revient en nombre dans nos villes et, comme il n’y aucune raison que les cyclistes soient plus vertueux que les autres usagers... Cette réapparition du vélo, oblige, bon gré mal gré, les usagers motorisés à changer leurs comportements, leur habitudes. Ils doivent notamment apprendre à partager, avec les vélos mais aussi les piétons et les transports en commun, un espace urbain qui leur était auparavant quasiment entièrement dévolu. Ces changements, nécessaires, ne sont pas du goût de tous les conducteurs !
  • Le « n’importe quoi » des cyclistes n’est pas le même que celui des autres usagers, il est notamment plus visible, plus facilement remarqué, sans que cela soit en rapport avec sa dangerosité potentielle : un cycliste sur un trottoir, tout le monde le remarque, un conducteur qui roule à 50 km/h dans une zone 30 (comme la rue Chabot-Charny) personne n’y prête attention, pas même les piétons pour lesquels pourtant les conséquences de ce dernier comportement peuvent être incomparablement plus graves ! Un cycliste qui, la tête dans le guidon, slalome entre les piétons dans une aire piétonne [2], se fait remarquer, mais un véhicule, de livraison par exemple, qui y roule à 15 km/h [3] (soit plus de 2 fois la vitesse autorisée, celle du pas), non seulement personne ne s’en offusque mais les piétons ont même tendance à s’écarter pour ne pas le gêner !

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mais que fait EVAD ?

- Mais que fait EVAD ?
C’est une évidence, mais rappelons-la quand même : pas plus que l’Automobile Club de Bourgogne n’est responsable de l’ensemble des conducteurs de la région, EVAD n’est responsable de tous les cyclistes de l’agglomération !
Quoiqu’il en soit, EVAD se soucie des piétons (conformément à ses statuts) et agit en conséquence !
Nous sensibilisons les cyclistes, notamment dans le cadre d’interventions auprès des entreprises ou administrations, voici ci-dessous un extrait d’un support de formation.

Nous agissons aussi pour promouvoir auprès des institutions un aménagement de l’espace urbain propice à une bonne cohabitation piétons-cyclistes, c’est dire non générateurs de « conflits ». Par exemple, n’offrir aux cyclistes pour accéder à la gare qu’une aire piétonne — l’avenue Foch —, étroite, très fréquentée et de plus... souvent encombrée de véhicules, est en soi une source de conflits potentiels...
C’est ainsi qu’en mai 2015, dans notre contribution au projet de schéma directeur des modes actifs du Grand Dijon nous écrivions :

La cohabitation piétons / vélos : La réapparition de conflits d’usage de l’espace entre piétons et cyclistes est un signe plutôt positif : l’automobile n’occupe plus toute la place, les modes actifs se développent ! Cependant, si les appels aux comportements civils sont nécessaires pour éviter certains « frottements », il ne faudrait pas que ce soit le seul angle d’attaque de cette question ! Il est indispensable de créer des conditions telles que chaque usager soit conduit « naturellement » à adopter un comportement civil, il ne faut donc pas créer des aménagements générant mécaniquement des conflits [...]. Le réseau structurant, surtout dans sa version « express » [...], ne peut se construire sur la base de longs tronçons où des problèmes de cohabitation piétons-vélos se posent. Ainsi le tronçon actuel qui va de la place Darcy à la place de la République, peut difficilement en son état actuel, être intégré à un réseau express !

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le cas «rue de la Lib'»

- Mais alors que faire pour la rue de la Liberté ?

Depuis la piétonisation de cet axe, qui en tant qu’aire piétonne est accessible aux vélos « à la vitesse du pas » sans « occasionner de gêne aux piétons » [2], chacun peut constater qu’il y a des frictions entre piétons et cyclistes trop pressés ! Y a-t-il eu des accidents sérieux, pas à notre connaissance, si cela avait été le cas, la presse n’aurait pas manqué d’en faire état. Mais la gêne causée aux piétons peut devenir importante !

  • OUI, il y a des comportements répréhensibles de cyclistes qui mériteraient rappel à la loi ou verbalisation !
  • NON, le seul volet répression ne suffira pas à résoudre le problème !
  • OUI, il faut offrir aux cyclistes un itinéraire alternatif le plus directe possible pour, à la vitesse normale d’un vélo — qui n’est pas celle du pas ! — rejoindre la gare depuis, par exemple, la place du théâtre (point de passage quasi obligé des étudiants qui descendent du campus à vélo) ! Mais malheureusement, en l’état actuel du centre ville, la solution n’est pas simple parce que — et c’est assez effarant — le problème n’a pas été anticipé !

- Et avant, était-ce mieux ? Les piétons étaient-ils plus à l’aise, plus en sécurité ?

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Notes

[1il y a chaque année en moyenne un piéton tué suite à un accident avec un cycliste, à comparer aux 468 piétons tués en 2015 par des conducteurs de véhicules motorisés ! (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière)

[2Définies dans le code de la route à l’article R 110-2 complété par R431-9

[3C’est la vitesse limite qui, en toute illégalité, figure sur bon nombre de panneaux de signalisation d’aires piétonnes à Dijon

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